Copyright @ 2007 Willerhof Art Gallery. All rights reserved
DNA du 16.12.87

DNA du 16.12.87 : La peinture de Marcus Weibel ne table pas sur le hazard des combinaisons de lignes ou de taches mème si elle en joue. Sa vocation serait plutot de nous dévoiler une présence d’objets "exprimés" plus que "figurés" dans une vision multiforme.
Leur appréhension passe par la matière, la couleur bien plus que par la connotation plus que par la description. Ils échappent à toute codification et s’il est possible de les dénombrer, toute tentative d’inventaire mène sur une fausse piste. Car il ne s’agit pas d’éléments épars additionnés, mais d’un tout indivisible, efficace par l’association de termes dont les affinités sont à découvrir.
C’est en interrogeant la peinture que le spectateur a la surprise d’être engagé dans un véritable discours plastique : l’objet s’anime quasi organiquement. La matière, épaisse, mélange de ciment, de peinture acrylique,de cellulose, de pastels, accroche la lumière, définit les rapports entre vides et pleins, entre fond et formes et la couleur explosive ou retenue décide du choc final. La poésie naît dans la distanciation par rapport à une réalité banale et grâce à la richesse infinie qu’offre le travail de la matière sur des supports aussi variés que le verre, le papier, le textile.
Marcus Weibel, diplômé de l’Ecole du Louvre, bénéficie d’une solide formation théorique et technique. Venu tardivement à la pratique de la peinture, il a le regard émerveillé de celui qui va de découverte en découverte et son enthousiasme, dans son oeuvre, est terriblement convaincant.

Gabriel Andrès, 1992